mardi 8 janvier 2008

La dynamique de l'argile

Je vous conseille d'aller faire un tour sur le site de la prestigieuse université Carnegie Mellon (CMU). Outre les différents projets en robotique dont nous avons déjà eu l'occasion de parler, le professeur Seth Goldstein a entrepris un projet ambitieux: une "argile électronique", matérialisant à distance grâce à un procédé inédit, un objet quelconque en trois dimensions.

Il s'agit d'assembler des micro-sphères appelées "catoms" pour "claytronic atoms". Chaque catom (voir la photo du prototype ci-dessous) est ainsi un micro électro-aimant programmable de quelques millimètres (44 actuellement, mais les futurs Catoms seront en-dessous d'un millimètre), et constituant ce que l'on pourrait appeler un "pixel 3D".


En effet, sous l'impulsion d'un signal, ces minuscules éléments s'auto-assemblent, tournent, s'attirent ou se repoussent, et sont même capables de changer de couleur grâce à un revêtement de LEDs, leur permettant ainsi d'imiter des textures et des formes. Les applications sont pléthore: design, communication, commerce mais également médecine et recherche.


Le film promotionnel de Claytronics (visible notamment
ici) montre ainsi comment un groupe de designers peut, en temps réel, modifier un concept matérialisé sous forme d'une argile hyperréaliste créant le modèle instantanément. Il est intéressant de noter que le projet est également financé par Intel, qui sort ainsi de la conception de microprocesseurs traditionnels, pour s'orienter vers des axes de recherche proches des nanotechnologies.

Cela m'inspire d'ailleurs un commentaire : où en est la France? Une petite recherche sur les dernières publications en nanotechnologies laisse songeur. Malgré l'émergence du pôle Minatec (à suivre), aujourd'hui rien ne permet de dire que l'Europe tient son rang dans la dynamique d'une recherche qui, à mon sens, risque d'être l'une des révolutions majeures en électronique et en informatique de ces prochaines décennies. Tristesse...

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